Un séjour balnéaire à Ramatuelle, dans le Var, associe un village perché au-dessus du golfe de Saint-Tropez, les plages de Pampelonne et de l’Escalet, un sentier du littoral entre criques et pinèdes, et des vignobles classés en AOC Côtes de Provence. La meilleure période s’étend de mai à septembre, hors pic de juillet-août.
En août, la mer atteint souvent 24 degrés face à Pampelonne, quand la Manche plafonne à 19 ou 20 devant Blonville. Je descends sur cette presqu’île du Var depuis quinze ans, carnet en main, et chaque saison confirme la même chose : la lumière change de nature à hauteur de Ramatuelle, entre les pins parasols et les vignes qui dévalent vers la mer. La Côte fleurie a son charme propre ; le Var en a un autre, plus sec, plus long en saison.
De la Côte fleurie au golfe de Saint-Tropez : deux littoraux, une même passion de la mer
Sur la Côte fleurie normande, entre Blonville-sur-Mer, Bénerville et Tourgeville, la mer rythme déjà les journées : marées, planches colorées, lumière changeante sur la Manche. La presqu’île de Saint-Tropez, dans le Var, cultive un rapport différent au littoral. L’eau y reste tiède plus longtemps dans la saison, et les terrasses restent animées bien après la rentrée normande. Ce n’est pas une meilleure mer, c’est une autre mer, plus chaude, plus longue à profiter, avec une lumière plus dure en plein été et plus dorée en fin d’après-midi. Le pin parasol remplace le tamaris, la garrigue remplace les prés salés, mais l’envie qui pousse à réserver une semaine au bord de l’eau reste la même des deux côtés de la France. Cet article s’adresse aux habitués de la Côte fleurie qui envisagent, pour une fois, de descendre jusqu’au Var. Il propose des repères concrets, plutôt qu’un inventaire de plages : un village pour poser ses valises, deux plages aux ambiances opposées, un sentier côtier pour marcher, des vignes pour ralentir en fin de journée, et quelques indications pour choisir la période du séjour.
Ramatuelle, le village perché qui domine la presqu’île
Ramatuelle occupe une colline entre pinède et vignes, à quelques kilomètres de Saint-Tropez par la route qui longe le golfe. Le village garde ses ruelles pavées, ses passages voûtés et sa place ombragée où les commerces ouvrent tard le soir en saison. Depuis la place, la vue porte sur les toits de tuiles puis sur le bleu du golfe de Saint-Tropez, avec le cap Camarat qui ferme l’horizon vers le sud. Pour un lecteur normand habitué aux trajets vers Paris ou Caen, l’accès demande d’anticiper la distance : le TGV relie Paris à Saint-Raphaël en quatre heures et demie environ, gare la plus proche par le rail avant de rejoindre la presqu’île par la route ou en navette maritime l’été. La gare de Toulon, elle, se trouve à environ soixante-dix kilomètres de Ramatuelle, une option pour ceux qui combinent le voyage avec une location de voiture. Une fois sur place, la voiture reste utile : le village se visite à pied, mais les plages et les domaines viticoles s’étirent sur plusieurs kilomètres autour du bourg.
Le littoral de Ramatuelle dans le Var
Pampelonne et l’Escalet : deux plages, deux ambiances
La plage de Pampelonne s’étend sur plusieurs kilomètres de sable fin, entre Ramatuelle et les hauteurs de Saint-Tropez. Les établissements de plage s’y succèdent, avec transats, restaurants et pontons privés, dans une ambiance proche de celle des grandes plages surveillées de la Côte fleurie, mais avec une eau plus chaude et une saison qui s’étire plus tard dans l’année. Direction sud, la route qui mène au cap Camarat rejoint la plage de l’Escalet, plus courte et bordée de rochers roses. L’accès se fait par un parking en pinède, puis quelques minutes de marche jusqu’au sable, avec des criques voisines accessibles en longeant la côte à pied. Installé chemin de la Pinède, entre les vignes et la mer, l’hôtel La Villa d’Andrea à Ramatuelle donne un repère utile pour situer ce quartier, à quelques minutes de route des criques de l’Escalet comme du sable de Pampelonne, plutôt qu’une adresse à réserver les yeux fermés. Entre les deux plages, le changement d’ambiance est net : Pampelonne pour une journée organisée avec service, l’Escalet pour une baignade plus simple, sans transat ni musique de fond, dans un cadre qui rappelle davantage une crique bretonne qu’une plage de la Côte d’Azur classique.
Le sentier du littoral et les vignes de l’AOC Côtes de Provence
Le sentier du littoral part de Pampelonne, longe la côte vers le sud, passe devant l’Escalet puis rejoint le cap Taillat, une presqu’île sauvage classée en partie par le Conservatoire du littoral. Compter plusieurs heures de marche pour l’aller-retour complet, sur un terrain rocailleux qui demande des chaussures fermées plutôt que des sandales de plage. L’ombre manque sur une bonne partie du parcours, mieux vaut donc marcher tôt le matin ou en fin d’après-midi, surtout en plein été. À l’intérieur des terres, le paysage change complètement : les vignes de l’appellation Côtes de Provence couvrent les collines autour de Ramatuelle, avec des domaines qui ouvrent leurs caveaux en fin de journée pour une dégustation. Beaucoup de propriétés produisent surtout du rosé, la couleur dominante de la région, et certaines proposent une visite courte des chais avant la dégustation. Ce contraste entre le sentier minéral face à la mer et les rangs de vigne à l’arrière du village résume assez bien la presqu’île : une façade maritime exposée au large, et un arrière-pays plus calme, ombragé de pins et de vignes, à quelques minutes de route des plages.
Quand partir sur la presqu’île de Saint-Tropez
| Période | Fréquentation | Mer | À privilégier |
|---|---|---|---|
| Avril à mai | Calme | Encore fraîche | Sentier du littoral, visite des villages |
| Juin | Modérée | Déjà agréable | Plages, premières dégustations en cave |
| Juillet à août | Dense, surtout à Pampelonne | Chaude | Baignade tôt le matin, réservation conseillée au restaurant |
| Septembre | Modérée | Encore chaude | Plages, cap Taillat, fin des vendanges |
| Octobre | Faible | Se rafraîchit | Randonnée, marché de Ramatuelle |
Juin et septembre restent les mois les plus faciles pour un premier séjour : la mer se prête déjà à la baignade, les routes vers Pampelonne sont moins chargées qu’en plein été, et les tables se réservent sans attendre des semaines. Juillet et août concentrent l’essentiel de l’affluence, en particulier sur la route qui longe Pampelonne, où mieux vaut partir tôt le matin pour trouver une place de parking. Pour un lecteur habitué au rythme plus court de la saison normande, la presqu’île offre une fenêtre nettement plus large pour profiter de la mer, du printemps jusqu’à l’automne, sans les à-coups météo propres à la Manche.
Ramatuelle se découvre autrement selon la saison : juin et septembre offrent le sentier du littoral sans la foule, l’AOC Côtes de Provence se déguste dans les domaines ouverts toute l’année, et le village perché reste praticable même sous le mistral. De quoi préparer un déplacement précis, avec des repères plutôt que des impressions, pour qui connaît déjà le rythme d’un littoral, normand ou varois.

